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18 juin 2019

Sama’Rock [1/2] : live report et photos du premier jour

Le Sama’Rock ? Keske c’est qu’ce truc ?

C’est nouveau !*

Ces 8 et 9 juin 2019 a eu lieu la première édition (l’unique édition ?) d’un festival anniversaire créé à l’occasion des 30 ans du site historique et archéologique de Samara, près d’Amiens. Festival de musique pagan folk, univers on ne peut plus cohérent avec ce lieu hors du commun : un oppidum du néolithique fortifié par les Celtes et utilisé par les troupes de César. Lors de ce week-end ayant réuni plus de 6000 personnes, ce sont sept formations musicales internationales qui se sont relayées sur l’unique scène de l’événement pour faire honneur au site et plaisir à nos écoutilles. Au programme : Luc Arbogast, Garmarna, Skáld, Arkona, Boisson Divine, The HU, et Eluveitie.

Évidemment avec une telle programmation dans un endroit pareil, je me suis surpris à dresser un sourcil d’étonnement en me disant : “…Allez !”. Je me suis alors levé d’un bond de ma chaise de bureau, ai pris mon appareil photo, ma trottinette, et suis vaillamment parti à l’assaut des 500 km qui me séparent de Samara. Je me suis félicité d’être parti la veille du début du fest, car au lieu des 4h de trajet prévues par mon GPS le trajet aller m’aura pris 6h30. Merci à la tempête, aux 32 km de travaux et aux accidents ^^ Une bonne nuit plus tard (près de l’endroit où a été signée la fin de la Guerre de Cent Ans, sans déconner c’est classe ou pas ?), et j’étais à l’entrée du festival, en avance. Très en avance. Beaucoup trop en avance. Je découvrirai plus tard que j’étais arrivé 8h20 trop tôt.

Arrivé à 10h pour une ouverture des portes à 12h30 et un début censé être à 15h30… Mais la tempête (Miguel de son petit nom) en a décidé autrement. D’après le type de l’entrée il y aurait eu des dégâts la veille et pendant la nuit, et le festival risquait d’être annulé à tout moment si le temps ne se stabilisait pas… Ouille. Heureusement le lieu a finalement bien ouvert ses portes vers 12h30-40 pour laisser entrer la file de gros barbus en peaux de bêtes et autres kilts accompagnés de jolies demoiselles en robes, avec la fouille des sacs devenue monnaie courante depuis le règne de Flamby 1er.

Tiens, nourriture interdite. Bouteilles d’eau aussi. Et cornes à boire, parce que ça pique. Et canifs accompagnant le sauciflard, parce que ça pique, ça coupe, et ça re-pique derrière. Boooooooon. Et les fibules aussi. Devinez pourquoi ? Exactement ! Quelques dizaines de mètres plus loin deuxième fouille, au cas où des malfraudeurs sans scrupules auraient réussi à faire passer des fusils d’assaut, des lance-roquettes, ou pire : une bouteille d’eau. Ils iront même jusqu’à aller chercher dans mon chapeau, trouver ma clé de voiture suspecte, et ouvrir la deuxième fermeture d’un sac déjà grand ouvert, manquant de faire tomber l’un de mes objectifs photo. Malgré la volonté farouche d’annihiler chaque objet suspect jusqu’à jeter la bouteille et le paquet de biscuits d’un père et de sa petite fille de 3-4 ans devant des dizaines de personnes scandalisées, les gars de la sécu sont globalement accueillants. Assez pour que mon voisin de file aille leur demander une fouille rectale pour être sûr. On n’est jamais trop prudent.

Le temps de passer récupérer mon badge presse et une carte cashless (obligatoire pour ne pas mourir de faim ou de soif, et malgré tout payante), et j’étais sur le site du fest avec une sympathique jeune fille rencontrée dans la file d’attente. Le lieu choisi est vraiment chouette et sa topographie très bien mise à contribution pour l’événement. Nous arrivons par le haut de d’une immense clairière perchée sur une colline surplombant la vallée de la Somme. En contrebas à la droite du site, la scène. Ni trop grande, ni trop petite, impec. Le seul hic est qu’elle n’est pas encore montée. AH. “C’est pas grave, me dis-je alors, il reste encore 3h pour la monter”. Nous nous installâmes alors à l’une des nombreuses tables de pique-nique avec une bière, et regardâmes les gens arriver petit à petit et la scène prendre forme après être passés par le village d’artisans proposant bijoux, vêtements, peaux de bêtes, sacs, ceintures… et AH TIENS ! DES CORNES À BOIRE ET DES ÉPÉES. Petit tour au bar et du côté du miam également, où sont proposées de nombreuses et délicieuses choses, parmi lesquelles du wok à la gauloise, des crêpes, de la cervoise, des hot dogs, de la bonne bière… et AH TIENS ! 1€ LE VERRE D’EAU, avec 1€ de consigne et l’euro supplémentaire pour faire activer sa carte cashless. Sans déconner si chaque festivalier qui a soif va se chercher un seul verre d’eau à trois euros ça fait instantanément 18 000 balles de recette, et donc 12€ le litre, sans compter que toute sortie du festival est définitive. Efficace comme technique marketing, mais à cet instant je ne ressens plus aucune once de culpabilité concernant mes techniques de ninja pour faire passer de la contrebande de bouteilles de flotte (à plus forte raison le lendemain, vous verrez pourquoi). En parlant de flotte, avec le vent de la tempête on s’en prendra toute la journée par intermittence de 15-20 minutes. Grand soleil, averse, rafale de vent, et ainsi de suite jusqu’au lendemain matin. D’un point de vue photographique ça donne des lumières intéressantes, mais fallait quand même avoir un k-way, des lunettes de soleil, de la crème solaire et un parapluie.

À 18h, un type lance à ses potes : “Ah ben pour l’instant le meilleur c’était la queue, on s’est bien marrés. Et les gars de la sécu, je ne m’attendais à rien mais alors j’ai été BLU-FFÉ !”

18h10, la scène et la régie sont presque prêtes. La sécurité fait reculer tous les festivaliers sagement assis depuis des heures devant la scène pour installer un périmètre de sécurité défini par du rubalise. Les vannes continuent parmi la foule : entre l’idée des carrés d’herbe alloués d’après notre numéro de billet, la possibilité d’acheter le droit de crier en cashless avec un volume défini d’après de montant de la somme versée, des amendes en cas de pogo, le goulag pour les slammeurs… C’est assez symptomatique de l’ambiance qui règne à ce moment-là. Je me retrouve avec les collègues journalistes et les photographes officiels du festival près du pit photo dont l’accès nous est aimablement restreint par des barrières de deux mètres et une demi-douzaines de bonhommes qui nous regardent comme de potentiels terroristes en nous disant qu’on ne va pas pouvoir aller bosser. Luc Arbogast, qui était censé jouer il y a trois heures, arrive parmi nous et nous demande pourquoi le public est à 30 mètres de la scène.

– Qu’est-ce qu’il se passe ici ?

– Ils ont peur que la scène tombe sur le public à cause du vent.

– Ah mais ça m’arrange pas du tout ça !

Un journaliste dit à son collègue :

– Tu vas voir, quand ils vont virer les rubans tout le monde va se précipiter pour être au premier rang, ça va être le gros bordel.

Ça n’a pas loupé. Pour le début du show de Luc Arbogast vers 18h20 le public est passé, mais nous autres journalistes avions alors toujours affaire à des Gandalf rasés qui se comportaient comme si nous étions des Balrogs.

– VOUS NE PASSEREZ PAS ! Vos pass ne vous serviront à rien, retournez dans l’ombre ! VOUS… NE PASSEREZ… PAAAAAAS !

– Ah ben eh oh dites, hein, euh bon.

Devant cet argumentaire digne d’une Claire O’Petit version metal, les gardiens du pit photo n’eurent d’autre solution que de nous laisser passer, puissants guerriers que nous étions alors. Nous n’y serions toutefois probablement pas parvenus sans l’aide de Monseigneur le Pompier, venu à notre secours sur son fidèle destrier, écartant courageusement ces gardes impies de notre glorieuse destinée.

Sur scène, Luc gère son show avec humour et professionnalisme. Dès la première chanson la foule est conquise par ses mélodies, et soulagée de passer enfin aux choses sérieuses. Mine de rien la musique de cet artiste est l’une des rares choses positives et enrichissantes qui aient découlé de la télévision ces dernières décennies, et même les allergiques au petit écran (parmi lesquels votre serviteur) saluent la prestation de Luc, plus efficace que la pile du préamp de sa vielle à roue (RIP le SM-57). Ici loin des plateaux télé le contre-ténor multi-instrumentiste rappelle en permanence à tout le monde qu’un concert est avant tout un échange entre l’artiste et son public. De mon côté je profite de la lumière du soir, dont les rayons viennent magnifier encore davantage le tableau.

Quand soudain sortit de l’ombre… un mec. Un mec pas comme les autres, car en toutes circonstances il est l’homme de la situation.

Son nom ? Jean-Phi.

Il aura suffi que Messire Arbogast donne des instructions à son régisseur pendant une chanson pour que le public reconnaisse en lui un héros. Car c’est un héros. Le résultat ne s’est pas fait attendre, car la foule a immédiatement acclamé Jean-Phi comme il se doit.

À 19h30, Luc Arbogast quitte la scène sous les applaudissements et une bonne partie du public migre vers l’ouest en direction des stands de miam. Le temps de manger, et une heure plus tard les conteurs investissaient la scène avec violons, guitares, harpes et bois de cerf.

Les suédois de Garmarna tout d’abord, suivis de près par les français de Skáld. Deux groupes de conteurs, poètes et musiciens (des scaldes donc) inspirés par la mythologie nordique. Deux violons et deux guitares pour ces premiers, trois chanteurs pour les seconds, les outils sont différents mais l’esprit est le même. Nos amis suédois recevront un très bon accueil du public, et nos Vikings nationaux une PUTAIN D’OVATION DE SA MÈRE, à tel point qu’ils ont été rappelés sur scène malgré le retard du festival et Arkona qui attendait derrière. Si vous venez d’être choqué par ma phrase précédente ou que vous croyez que j’exagère, je vous propose de venir voir Skáld jouer au Hellfest 2019, ils seront le 23 juin à 18h35 sur la Temple. En ce qui me concerne je serai au rendez-vous.

C’est à minuit que Arkona prend possession de la scène. Un crâne de bovidé et des percussions accrochés devant son pied de micro, Maria donne le ton dès le début du show. Chaque membre du groupe russe est vêtu de toile de jute déchirée, ce qui colle tout à fait à l’ambiance aussi sombre et hystérique qu’apaisante. La charismatique chanteuse nous fait entrer dans son univers avec une aisance scénique déconcertante, et transmet son énergie explosive au public qui le lui rend bien.

(Note concernant les images de Arkona : suite à l’arrivée impromptue de trois slammeurs, l’équipe de sécu débordée a décrété que nous autres photographes risquions de mettre en péril notre vie en allant shooter ce concert. Nous avons donc été bloqués du côté droit de la scène, ce qui explique le point de vue quelque peu redondant et l’absence d’images du guitariste et du bassiste.

Je tiens à préciser qu’après avoir shooté des groupes comme Black Bomb A, AqME, les Ramoneurs de Menhirs ou Season of Tears SANS pit photo je suis capable de survivre à trois petits slammeurs, mais merci de votre sollicitude 😉 Le prochaine fois pour avoir des images dans de meilleures conditions je tâcherai de signer une décharge de responsabilité, ou une connerie comme ça.)

Malgré un début difficile, l’orga a finalement plutôt (très) bien géré son timing lors de cette première soirée et a presque réussi à rattraper les 3h de retard initiales, le concert de Arkona se terminant à 1h20. Rien que pour ça, chapeau. Chapeau melon, même.

Après avoir ramené deux sympathiques demoiselles, j’allais me coucher pour une bonne nuit de sommeil bien mérité, histoire d’être en forme pour cette 2e journée qui promettait d’être grandiose.

2E JOUR

Ayant pris connaissance de l’envergure de l’événement et de l’organisation, je me suis offert une belle grasse mat’ et ait décidé de rejoindre le site après m’être réveillé vers midi et-demi dans mon petit coin de Picquigny. Naïf que je suis, je ne savais pas ce qui m’attendait. Le centre-ville de Picquigny était barré, et donc la route pour Samara également. Je me mis alors en quête d’une route parallèle, et entre les routes barrées un peu partout et les panneaux indiquant la direction festival sans toutefois nous dire où tourner, j’ai fait vingt-cinq kilomètres au lieu de deux, et ai mis une heure à trouver la bonne route faisant partie des rares à ne pas être barrées. Pas simple cette histoire. Et j’étais loin d’être le seul à m’être paumé.

En entrant sur le fest, je me rendis compte que les bouteilles achetées lors du premier jour sur le festival même étaient systématiquement confisquées lors des deux fouilles de l’entrée. Ou cinq pour ceux qui ont dormi dans le bivouac du Sama’Rock. J’apprendrai quelques minutes plus tard que l’un de mes copains avait même eu droit à une fouille de sa tente. Vous êtes au courant que si un terroriste veut faire des victimes l’endroit le plus risqué est la file d’attente de l’entrée, et pas la tente d’un joyeux barbu ? Enfin bref.

Après un repas délicieux en compagnie de gens très chouettes, je partis vers la scène en entendant la fin des balances. Aujourd’hui pas de retard : top départ pour Boisson Divine à 14h pétantes ! Explorer et Warlock branchées dans deux stacks JCM 2000 : avant même les premières notes on sent que l’on va passer une bonne journée. Immédiatement les six membres du groupe gascon formé en 2005 envoient la sauce et les circle pits ne tardent pas à se former, le public dansant avec entrain sur ce heavy metal traditionnel des plus intéressants. Entre le tambourin à cordes et la flabuta de Ayla, la cornemuse de Pierre, et les instruments rock l’énergie est bien présente et les festivaliers du Sama’Rock n’hésitent pas à montrer leur joie d’être là pour ce superbe concert. Baptiste, le guitariste et chanteur de Boisson Divine nous précisera tout de même que le nom du groupe n’a rien à voir avec la bière, mais qu’il s’agit bien du vin (il est lui-même viticulteur).

The HU… Que dire ? Exceptionnel.

Les huit musiciens venus tout droit de Mongolie dans le cadre de leur tournée mondiale avec une discographie publique de deux titres ont investi les lieux et fait résonner leur Hunnu Rock on ne peut plus street-crédible avec une présence scénique impressionnante. Les quatre membres officiels Gala, Jaya, Temka et Enkush sont venus défendre un album pas encore sorti aux côtés de quatre autres musiciens aux guitare, basse, batterie et percussions.

Et qu’est-ce que ça donne en live ? me demanderez-vous. Tout pareil que dans leurs clips, les montagnes et motos en moins : une énergie folle transmise au public au moyen de chant diphonique et autres imitations de chevaux au huqin, des fringues excessivement stylées, des instruments magnifiques, un jeu impeccable de la part de chacun des zicos… C’est un carton plein pour The HU, qui fait immédiatement l’unanimité. Un sourire jusqu’aux oreilles je shoote le groupe au moment de leurs deux seules chansons connues à ce moment-là (une troisième sortira finalement quelques jours plus tard, “Shoog Shoog”), et je remarque le même sourire béat et ce regard pétillant d’admiration sur les visages de mes collègues et parmi le public qui scande sans hésitation des refrains incompréhensibles pour nous, pauvres petits français que nous sommes. Malgré la barrière de la langue, le message passe, notamment sur Yuve Yuve Yu : un bon gros coup de boule aux déchets qui renient leurs racines et leurs valeurs pour rester prostrés devant leur téloche en se gavant de merdes de supermarché. Le propos a le mérite d’être clair, et il est appuyé par les basses sismiques du live et le poing levé de Jaya.

Rendez-vous au mois de septembre pour la sortie de leur album The Gereg, dont le nom vient du premier passeport diplomatique de l’empire mongol au temps de Genghis Khan. Un nom très bien trouvé, car ces Huns-là sont déjà partis à la conquête du monde à grands coups de décibels, et ils ne sont pas là pour piquer les petites cuillères. Bref une identité culturelle retrouvée (notamment grâce à l’indépendance de la Mongolie) mêlée à des influences rock/metal modernes. The HU n’est pas le seul sur ce créneau, et depuis quelques années on assiste partout dans le monde à un regain d’intérêt des artistes pour leurs racines, ce qui contribue à un renouveau musical comparable au brassage de cultures que l’on a pu observer dans les années 70 avec des Led Zeppelin ou des Hendrix.

Petit coucou au pompier qui a dit qu’il n’aimait pas du tout et qu’il préférait Renaud, avant que je ne le surprenne à bouger la tête, un sourire aux lèvres.

Sont ensuite arrivés les neuf membres de Eluveitie. Avec la collègue de chez Warm nous avions attendu depuis la fin du show de nos mongols préférés pour être les premiers photographes à shooter Eluveitie, et devinez quoi ? C’est pile à ce moment qu’il s’est mis à bien pleuvoir. Heureusement que le matériel haut de gamme de Canon ne craint pas trop, parce qu’en deux chansons nos boîtiers se sont pris l’équivalent d’un seau chacun sur le coin du museau.

Eluveitie, 17 ans et toutes ses dents. Groupe de folk metal originaire de Suisse formé en 2002, ils sont venus sur notre bel oppidum pour défendre l’excellent album qu’est Ategnatos. Je n’avais pas vu ce groupe depuis 2015, et je dois dire que malgré l’absence de Anna Murphy et de son beau sourire les deux princesses Disney qui ont repris son poste font superbement le boulot. Entre Fabienne au chant et à la harpe, Michalina à la vielle à roue, Nicole au violon et aux chœurs, Jonas à la guitare et Alain aux fûts, ça fait autant de nouvelles têtes que j’ai pu découvrir sur cette scène de Samara. Très content de retrouver la superbe Zemaitis aux motifs finement ciselés de Rafael et le charisme démentiel de Chrigel qui, combinés à la présence que je qualifierais de solaire de la belle chanteuse rouquine nous offrent un tableau tout simplement inoubliable.

Guitares et basse électriques, batterie, flûtes, mandole, mandoline, cornemuse, vielle à roue, violon, chant clair, chant guttural, harpe… Que d’instruments utilisés par nos petits suisses sur scène ! Ils sont vraiment contents d’être là et nous le montrent. Entre deux morceaux Chrigel dira d’ailleurs son émotion de jouer sur ce site chargé d’histoire. Le groupe nous fera même l’honneur de jouer leur célèbre chanson The Call of the Mountains en français, puis de clore leur set sur Inis Mona.

Bon certes jusqu’ici j’ai beaucoup parlé des points négatifs du festival, je vais donc mettre ici une mention spéciale pour tous les points positifs, c’est tout de même la moindre des choses. Comme je l’ai dit au-dessus le lieu est parfait et très bien utilisé. Placer la scène en contrebas de la clairière permet à tout le monde d’avoir une bonne vue à la façon d’un amphithéâtre. Concernant les toilettes c’était globalement bien fichu aussi : un peu à l’écart mais pas trop, des cabines de toilettes sèches très propres et assez nombreuses pour qu’il n’y ait presque pas à attendre (sur tout le week-end je n’ai vu qu’une seule file d’attente, et pas bien grande), un coin mecs avec des urinoirs circulaires (un citoyen festivalier me dira d’ailleurs que “c’est dingue qu’on ne trouve pas ces machins-là partout au quotidien”), la scène ni trop grande ni trop petite et suffisamment excentrée du reste du site pour pouvoir parler tranquillement même pendant les concerts, le pit photo de deux mètres de large qui permet aux slammeurs, photographes, sécu et pompiers de circuler facilement tous en même temps, le son globalement très bon sur la majorité de la surface investie par le public, une estrade pour offrir aux personnes en fauteuil roulant une belle vue sur la scène, des bénévoles très efficaces et absolument charmants, les artisans exposant dans le petit village de tentes, le petit nombre de festivaliers qui permet une ambiance décontractée pour tout le monde et qui facilite les rencontres sympathiques et la circulation, le grand champ servant de parking situé aux portes du fest, les colliers en tissus à l’effigie du festival pour accrocher sa carte cashless ou son badge, la protection en plastique pour les protéger… Comme a écrit Léonard de Vinci, “Ce sont les détails qui font la perfection, et la perfection n’est pas un détail.”

Tiens tant que je suis sur le cashless, je vais me permettre de mettre ici mon avis personnel sur la question, ainsi que des réflexions que j’ai lues et entendues. L’idée de départ de faire passer tous les transferts d’argent par un système cashless est bonne, c’est un outil qui permet effectivement de simplifier beaucoup de choses. La gestion de la caisse pour les stands de nourriture et le bar, pas besoin d’attendre que chaque personne d’une file d’attente retrouve son porte-monnaie au fond de son sac, etc. On est d’accord là-dessus. Mais pourquoi ne pas étendre ce moyen de paiement au merch des artistes et aux artisans ? Tant qu’à faire payer ce système 1€ par personne, autant faire les choses à fond. Un autre point, et pas des moindres : la connexion non sécurisée au moment de pré-charger sa carte. Pas glop.

Un autre point que j’ai beaucoup apprécié en tant que photographe lors de ce festival, c’est le système de passage dans le pit photo. Chaque événement a ses propres règles, et pour le coup le “trois par trois pendant trois chansons” : j’aime bien. Ça permet de ne pas se marcher dessus entre collègues, de pouvoir se déplacer facilement, de laisser la place à la sécu et aux slammeurs pour qu’ils puissent passer, et également de choisir les moments du show que l’on souhaite shooter (du moment qu’il y a moins de trois journalistes présents du moins). Malgré l’interdiction d’aller du côté gauche du pit, ça méritait d’être évoqué.

Concernant la sécu et les slammeurs, nous avons été très surpris par le manque d’organisation de l’équipe et la violence des réceptions lors du premier jour. Malgré le faible nombre de slammeurs (je n’en ai vu que quatre ou cinq sur la première journée), ce n’était peut-être pas nécessaire d’être une demi-douzaine pour les réceptionner un par un. Et les traîner par terre avant de les pousser violemment vers la sortie du pit n’était pas spécialement indispensable non plus. C’est un aspect du festival qui s’est grandement amélioré le 2e jour, avec deux ou trois costauds pour réceptionner en douceur et avec bienveillance chaque festivalier qui passe par-dessus la barrière. La meilleure confirmation de cette amélioration étant que les slammeurs… revenaient, et avec le sourire et un petit mot sympa pour les vigiles. C’est quand même beaucoup mieux avec des gars habitués des concerts de metal.

Vers 19h la sécu nous a fait comprendre que les festivités étaient terminées et qu’il fallait donc évacuer le site pour que tout puisse être démonté. Je repartis alors vers de nouvelles aventures dans mon superbe Tigroo-Millenium à la conquête de contrées lointaines z’et mystérieuses.

Bref, malgré quelques petits désagréments il faut dire que c’était tout de même un magnifique 30e anniversaire pour ce lieu remarquable qu’est Samara ! J’ai hâte de revenir dans le coin, que ce soit pour une seconde édition ou pour visiter le site de Samara dans son ensemble.

Bravo à toutes les personnes ayant participé à cette première, de mon modeste point de vue c’est une réussite presque totale et un chouette souvenir !

Allez, à bientôt sur d’autres événements, et la bise à Jean-Phi !

Report et photos : Tigroo

Retrouvez l’intégralité des images ici pour le premier jour du festival et là pour le deuxième jour.

PS : Si mon style d’écriture et mon franc-parler vous ont choqués tel des Jean-François Copé sans costard, je vous déconseille vivement mes autres articles traitant de photographie tels que “Pourquoi les gens font des photos de merde”, ou encore “Comment bien rater ses photos de concert”. Vous risqueriez de faire une syncope devant autant de violence. Voire même une sixope. Je vous aurai prévenus.

* : Si l’on ne tient pas compte du festival Sama Rock qui a lieu à São Mateus au Brésil.

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About Tigroo

Jeune photographe et musicien passionné de rock'n'roll. http://tigroo.fr

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