Pionniers du post-metal né à Philadelphie, Rosetta revient avec « Self-Dealing Position », nouveau single issu de Temporal Lapse, un album qui doit clore l’histoire du groupe dans sa formation actuelle. En parallèle, les musiciens publient le troisième volet de leur série de vidéos en coulisses, qui plonge dans l’écriture et la production du disque.

Les membres de Rosetta posant devant un mur de briques blanches, en contre-plongée
Rosetta, pionniers du post-metal originaires de Philadelphie

Cette vidéo ouvre une porte sur le fonctionnement interne du groupe, ses dynamiques créatives et les choix, idées et relations qui façonnent sa musique. Le court-métrage s’intéresse notamment à la manière dont les morceaux ont pris forme, de la composition jusqu’au mixage.

Du climat au deuil intime

Au départ, le projet devait se concentrer sur le changement climatique. Lorsque les musiciens se sont mis au travail, fin 2019, ils s’intéressaient surtout à la douleur de voir la nature disparaître. La pandémie a tout interrompu, et le temps écoulé a fait basculer le propos vers des pertes bien plus personnelles.

« Au lieu d’aborder le changement climatique à travers le prisme du deuil, nous avons fini par regarder le deuil personnel à travers l’imagerie de la catastrophe écologique », explique le guitariste Matt Weed. Il évoque aussi l’incendie qui a détruit sa maison en 2022, et la mort de son père, comme celle de Eric Jernigan.

Une palette sonore élargie

Rosetta reste reconnaissable, mais son spectre s’élargit nettement. Les passages les plus lourds côtoient des éléments mélodiques et texturaux, les voix claires cohabitent avec une intensité devenue signature, tandis que l’électronique et des guitares plus travaillées créent de nouveaux contrastes au sein des morceaux.

L’enregistrement s’est étalé sur plusieurs années et sur plusieurs lieux. Les batteries ont été captées pendant une semaine dans une église en pierre des années 1920, près de Philadelphie, là où le groupe avait tenu sa toute première répétition en juin 2003. Les guitares et la basse ont suivi en août 2024 au Radar Studio, dans le Connecticut, avant que les voix ne soient posées à Austin, au Texas, en décembre 2025. Sur « Dvora », Johnny Dang d’O’Brother apporte guitare slide, piano et synthés, tandis que « Ribbon of Dawn » passe d’un début rageur à une fin étonnamment pleine d’espoir.

Illustration bleue d'une silhouette émergeant de l'eau

Un point final assumé

Temporal Lapse s’attaque à une question centrale : que devient-on après une perte, brisé ou transformé ? Le disque porte aussi un regard rétrospectif sur les vingt ans de carrière du groupe, qui n’a pas l’intention de disparaître sans explication.

« Ce sera le dernier album. Nous ne nous séparons pas, il reste toujours des projets intéressants à mener ensemble. Mais dès 2019, nous voulions sortir un dernier disque long format, faire une tournée de consécration autour du monde, puis tourner la page de Rosetta tel qu’il existait », précise Matt Weed.

Avec Temporal Lapse, le groupe livre un disque à la densité et à l’ampleur qui ont marqué sa musique, tout en laissant place à l’espace, à la mélodie et à la vulnérabilité. Abrasif et magnifique, turbulent et méditatif, il sonne comme une déclaration finale.

À retenir

  • Artiste : Rosetta (Philadelphie, post-metal)
  • Nouveau single : « Self-Dealing Position »
  • Album : Temporal Lapse, septième et dernier album
  • Label : Pelagic Records
  • Date de sortie : 27 novembre 2026
  • Tracklist : Curl Up And Deny, The Winepress, Dvora, Self-Dealing Position, The Native Hue Of Resolution, The Pale Cast of Thought, Ribbon of Dawn, Epilogue
  • Line-up : Mike Armine (chant, samples), David Grossman (basse), Eric Jernigan (chant, guitare, basse), Bruce McMurtrie (batterie), Matt Weed (guitare, basse, production)

Avec ce single et cette vidéo, Rosetta offre un premier aperçu d’un disque qui se veut à la fois une fin et un bilan. Temporal Lapse sort le 27 novembre chez Pelagic Records : une bonne raison de se plonger dès maintenant dans le travail d’un groupe qui n’a jamais cessé de repousser ses propres limites.